La bagarre pour Maraud miniatures
- Alexandre Vallet

- 10 déc. 2025
- 5 min de lecture
Maraud Miniatures : Quand une petite gamme artisan
ale crée une grande communauté (même quand c’est difficile)
Il y a des projets qui naissent comme des feux d’artifice : spectaculaires, bruyants, visibles à des kilomètres.
Et puis il y a les autres.
Ceux qui démarrent dans un coin d’atelier, entre deux pots de peinture, un pinceau fatigué et une bonne dose de passion brute.
Ceux qui avancent à petits pas, en mode furtif, comme un voleur gobelin un peu trop bruyant pour être vraiment discret.
Maraud Miniatures fait partie de ceux-là.
Ce n’est pas juste une gamme de figurines.
C’est un univers fait à la main, avec des imperfections charmantes, des idées qui débordent, et un créateur qui continue coûte que coûte, même quand l’impression d’être seul dans la caverne est tenace.
Et pourtant…
Une communauté, même petite, peut changer toute l’histoire.
Un monde sculpté à la main : là où la fimo sent la sueur (et un peu la magie)
Créer des figurines fantasy, post-apo et SF à la main, c’est un sport étrange. Ce n’est ni vraiment de l’artisanat classique, ni vraiment de l’industrie.
C’est quelque chose entre les deux : une sorte de sorcellerie moderne où l’on invoque des créatures, des guerriers, des mutants ou des voyageurs stellaires… en espérant que le sort de l’audience critique ne fasse pas un double as.
Sculpter, découper, nettoyer, reprendre, recommencer… Ceux qui n’ont jamais essayé n’imaginent pas le temps que peut prendre une seule figurine, encore moins une petite gamme entière. Et pourtant, chaque pièce de Maraud Miniatures porte cette signature invisible que les passionnés reconnaissent immédiatement : la main humaine.
La vraie.
Pas la version “made by human AI” qu’on voit partout.
Non.
La main qui tremble, qui râle, qui tient un café froid depuis trois heures, mais qui continue à sculpter car l’idée est trop bonne pour attendre demain.

La recherche du public : une quête plus difficile qu’une run d'elden ring.
Quand on lance son propre univers artisanal, on pense parfois (en secret) qu’il suffit de montrer ses figurines pour que les gens tombent amoureux.
Après tout, elles sont uniques, faites main, pleines de personnalité… pourquoi ne pas avoir un raz-de-marée de fans dès la première publication ?
Et puis la réalité montre sa tête.
Une tête un peu moche d’ailleurs, genre troll mal rasé.
Trouver son public pour une petite gamme artisanale, c’est souvent :
– Poster sur les réseaux… et obtenir 3 likes : sa mère, son cousin, et un bot suspect.
– Répondre à des questions étranges comme “Vous faites ça avec une imprimante 3D ?” alors que ta table est littéralement couverte de pâte à modeler
– Croiser des gens qui demandent une figurine de 12 cm, full peinte, pour moins que le prix d’un kebab.
– Participer à des événements où 90 % des visiteurs viennent “juste regarder”. C’est un métier un peu ingrat, oui.
On travaille beaucoup, on gagne peu, on doute souvent.
On donne énormément… pour recevoir… parfois juste un commentaire sympa et quelques ventes dispersées dans le mois.
Mais ces petits signes, ces petits encouragements… c’est parfois tout ce qui permet de tenir la barre quand la mer est agitée.
La petite communauté qui change tout ;
Car au milieu du bruit du monde, il y a les autres.
Les gens qui voient ce que tu fais réellement.
Ceux qui comprennent que derrière chaque figurine Maraud Miniatures, il y a des heures de boulot, un univers imaginé, des choix artistiques, des essais ratés, des réussites discrètes mais précieuses.
Ceux qui savent que l’artisanat n’est pas un sprint : c’est une longue marche, comme un rôdeur qui avance patiemment dans la brume.
La communauté, même réduite, joue un rôle énorme :
– Elle partage ton travail sans que tu le demandes.
– Elle te stimule à créer même quand tu fatigues.
– Elle achète non pas parce qu’elle cherche une figurine, mais parce qu’elle veut soutenir Maraud Miniatures.
– Elle pose des questions, propose des idées, crée du lien.
Certaines personnes deviennent vite plus que de simples clients :
des alliés, des amis, des compagnons de route.
Quand tu doutes, ils deviennent une sorte de mini-guilde de soutien, toujours prête à lancer un sort de boost en motivation .

La passion qui ne ment pas
Il y a quelque chose de beau dans le fait de continuer à créer même quand ce n’est pas rémunérateur.
Même quand c’est fatigant.
Même quand les chiffres ne suivent pas.
Et dans l’artisanat miniature, la réalité est parfois brutale :
chaque nouvelle référence de Maraud Miniatures me coûte de l’argent avant même d’être mise en vente.
Pour produire un nouveau modèle, je dois régler au moins 30 tirages à mon artisan mouleur.
Un investissement lourd, obligatoire, un passage obligé pour donner vie à une figurine. Et parfois, sur ces 30 modèles… je n’en vends que 2 ou 3.
C’est un peu comme invoquer un démon majeur en sacrifiant toutes ses ressources… pour que la créature invoquée éternue et disparaisse aussitôt.
Mais malgré tout, Maraud Miniatures continue d’avancer, parce qu’au fond, le projet n’existe pas pour les chiffres.
Il existe parce que chaque figurine raconte quelque chose :
– une idée née un soir où l’inspiration déborde,
– une sculpture retravaillée dix fois,
– une envie d’ajouter un personnage, même si son existence n’est pas rentable.
La passion, la vraie, ne se mesure pas aux ventes, mais à la persévérance.
À cette petite voix intérieure qui dit :
“Ok, ça me coûte plus que ça ne me rapporte… mais j’ai encore une bonne idée pour la prochaine figurine.”

Et demain ?
L’avenir de Maraud Miniatures ne dépend pas d’un algorithme, ni d’une tendance, ni d’un miracle marketing.
Il dépend des mêmes choses qui l’ont fait naître :
– De la passion.
– Du travail.
– De la communauté, même petite.
– Des gens qui aiment ce que tu fais.
– De ceux qui arriveront demain et diront :
“Hey, pourquoi je n’ai pas découvert ça plus tôt ?”
Une gamme artisanale n’explose pas du jour au lendemain.
Elle grandit lentement, comme une guilde soudée qui accumule l’expérience, un combat à la fois.
Peut-être que Maraud Miniatures restera un petit projet.
Ou peut-être que la communauté continuera de l’étendre, pièce après pièce, jusqu’à devenir un vrai petit univers reconnu.
Dans tous les cas, l’histoire continue.
Et elle est belle.
Conclusion : La force des petites communautés, la force des petites figurines Créer dans l’ombre n’est pas simple.
Être artisan aujourd’hui est souvent ingrat, peu rentable, et source de doutes. Mais c’est aussi un acte de résistance, de passion, de créativité.
Et quand une communauté se forme autour d’un projet comme Maraud Miniatures, même si elle est petite…
elle peut donner plus d’énergie que mille campagnes publicitaires.
Parce que la passion, ça se reconnaît.
Ça se transmet.
Et ça fédère.
Alors à tous ceux qui suivent, soutiennent, partagent, achètent, commentent ou encouragent : vous faites partie de l’aventure.
Et grâce à vous, Maraud Miniatures n’est pas seulement une gamme de figurines.
C’est un monde en construction.
Merci a vous!
Alex








Commentaires